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touches, le tout conforme aux conditions stipulées et dans le temps voulu. Nous avons fait remise des six millions qui restaient dus sur l'indemnité de guerre; nous avons fondé à Saïgon cette école où devaient s'instruire de jeunes annamites, envoyés par la cour d'Hué; nous avons constamment tenu à la disposition du roi Tu-Duc, ces officiers de terre et de mer, ces ingénieurs, ces chefs d'ateliers; ces hommes experts en matière de finances, ces professeurs, etc. dont il est question dans l'art. 4. En un mot nous n'avons failli à aucune des obligations que nous avons contractées.
L'Annam au contraire s'est fait un jeu de ses engagements.
Nous avions proclamé et reconnu son entière indépendance vis-à-vis de toute puissance étrangère quelle qu'elle soit, voulant par cette clause le dégager de tous liens de vassalité vis-à-vis de tous. Et mainte fois depuis, l'Annam, dans un but hostile à la France, a fait acte de vassal vis-à-vis de l'empereur de Chine. Dès 1875, les journaux de Saïgon signalaient cette violation du traité, et hier encore des envoyés du roi Tu-Duc demandaient au fils du Ciel l'autorisation d'exécuter la stipulation relative à l'ouverture du fleuve Rouge. C'est à la Chine encore que s'est adressé le gouvernement annamite pour demander protection contre les ennemis du dehors, aide et assistance contre ceux du dedans, alors que c'est à nous seuls qu'il eût dû s'adresser. Il vient d'aller plus loin encore, il a commis des actes équivalents à une véritable hostilité en demandant, tout récemment, au vice-roi de Canton des soldats pour nous combattre, en recevant, comme des alliés, ces bandits qui lui étaient envoyés pour débarrasser les prisons de Canton. D'ailleurs, depuis longues années, n'a-t-il pas pris à sa solde ces bandes de pillards, qui sous le nom de pavillons noirs entravent la circulation du fleuve, rançonnent le commerce et pillent la contrée? N'a-t-il pas donné au chef de ces malandrins le titre de mandarin? N'a-t-il pas livré à ces voleurs, comme place de refuge, l'importante ville de Lao-Kay et sa citadelle?
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Le roi d'Annam, abdiquant en nos mains une portion de sa souveraineté, a promis de conformer sa politique extérieure à celle de la France. Cet engagement n'est-il pas violé par ses agissements avec la Chine?
En parcourant le traité politique et la convention commerciale qui y fait suite, et qui, est-il stipulé, a la même force que le traité principal lui-même, il est facile de se convaincre que nos préoccupations essentielles, en dehors des clauses dont il vient d'être parlé, se portaient sur les points suivants:
Nous voulions protéger les Tonkinois; les art. 2, 8, 9 du traité, l'art. 2 de la convention additionnelle, n'ont pas d'autre but. Au lieu de nous appeler à détruire la piraterie, l'Annam, nous venons de le voir, l'a encouragée et soudoyée. Jamais il n'a exécuté entièrement les clauses des art. 8 et 9 relatifs à l'amnistie, au libre exercice de la religion catholique, à la restitution de biens confisqués, jamais non plus il n'a exécuté loyalement l'art. 2 de la convention.
Nous voulions mettre de l'ordre dans les douanes, en rendre ainsi le revenu plus considérable, tout en rendant les droits moins onéreux au commerce. Ce n'est un mystère pour personne que les mandarins annamites ont favorisé la fraude sur une vaste échelle; qu'ils ont exigé quelquefois ou tout au moins permis qu'il fût établi, contrairement au traité, plusieurs lignes de douane et exigé des droits plus élevés que ceux légitimement dus.
Une stipulation principale était l'ouverture du fleuve Rouge au commerce du monde. Là, comme dans les ports ouverts, nous voulions protéger le commerce sans distinction de nationalité et pour cela nous voulions détruire la piraterie aussi bien dans les fleuves que sur les côtes. Cette partie des traités contient des obligations réciproques, elle nous crée des droits, mais elle nous crée aussi des devoirs non seulement vis-à-vis de l'Annam, mais encore vis-à-vis des tiers eux-mêmes.
Nous avons évidemment le droit d'exiger l'ouverture du
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touches, le tout conforme aux conditions stipulées et dans le temps voulu. Nous avons fait remise des six milions qui restaient dus sur l'indemnité de guerre; nous avons fondé à Saïgon cette école où devaient s'instruire de jeunes annamites, envoyés par la cour d'Hué; nous avons constamment tenu à la disposition du roi Tu-Duc, ces officiers de terre el de mer, ces ingénieurs, ces chefs d'ateliers; ces hommes experts en matière de finances, ces professeurs, etc. dont : est question dans l'art. 4. En un mot nous n'avons failli à aucune des obligations que nous avons contractées.
L'Annam au contraire s'est fait un jeu de ses engage-
ments.
Nous avions proclamé et reconnu son entière indépen- dance vis-à-vis de toute puissance étrangère qu'elle qu'elle soit, voulant par cette clause le dégager de tous liens de vas- salité vis-à-vis de tous. Et maintefois depuis, l'Annam, dans un but hostile à la France, a fait acte de vassal vis-à-vis de l'empereur de Chine. Dès 1875, les journaux de Saïgon signa- laient cette violation du traité, et hier encore des envoyés du roi Tu-Duc demandaient au fils du Ciel l'autorisation d'exé- cuter la stipulation relative à l'ouverture du fleuve Rouge. C'est à la Chine encore que s'est adressé le gouvernement annamite pour demander protection contre les ennemis du dehors, aide et assistance contre ceux du dedans, alors que c'est à nous seuls qu'il eût dù s'adresser. Il vient d'aller plus loin encore, il a commis des actes équivalents à une véritable hostilité en demandant, tout récemment, au vice-roi de Can- ton des soldats pour nous combattre,en recevant, comme des alliés, ces bandits qui lui étaient envoyés pour débarrasser les prisons de Canton. D'ailleurs, depuis longues années, n'a-t-il pas pris à sa solde ces bandes de pillards, qui sous le nom de pavillons noirs entravent la circulation du fleuve, ran- çonnent le commerce et pillent la contrée? N'a-t-il pas donné au chef de ces malandrins le titre de mandarin? N'a-t-il pas livré à ces voleurs, comme place de refuge, l'importante ville de Lao-Kay et sa citadelle?
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No 1889
Le roi d'Annam, abdiquant en nos mains une portion de sa souveraineté, a promis de conformer sa politique exté. rieure à celle de la France. Cet engagement n'est-il pas violé par ses agissements avec la Chine?
En parcourant le traité politique et la convention com- inerciale qui y fail suite, et qui, est-il stipulé, a la même force que le traité principal lui-même, il est facile de se convaincre que nos préoccupations essentielles, en dehors des clauses dont il vient d'être parlé, se portaient sur les points sui- vants :
Nous voulions protéger les Tonkinois; les art. 2, 8, 9 du traité, l'art. 2 de la convention additionnelle, n'ont pas d'autre but. Au lieu de nous appeler à détruire la piraterie, l'Annam, nous venons de le voir, l'a encouragée et sou- doyée. Jamais il n'a exécuté entièrement les clauses des art. 8 et 9 relatifs à l'amnistie, au libre exercice de la religion catholique, à la restitution de biens confisqués, jamais non plus il n'a exécuté loyalement l'art. 2 de la convention.
Nous voulions mettre de l'ordre dans les douanes, en rendre ainsi le revenu plus considérable, tout en rendant les droits moins onéreux au commerce. Ce n'est un mystère pour personne que les mandarins annamites ont favorisé la fraude sur une vaste échelle; qu'ils ont exigé quelquefois ou tout au moins permis qu'il fut établi, contrairement au traité, plusieurs lignes de douane et exigé des droits plus élevés que ceux légitimement dus.
Une stipulation principale était l'ouverture du fleuve Rouge au commerce du monde. Là, comme dans les ports ouverts, nous voulions protéger le commerce sans distinc- tion de nationalité et pour cela nous voulions détruire la piraterie aussi bien dans les fleuves que sur les côtes. Cette partie des traités contient des obligations réciproques, elle nous crée des droits, mais elle nous crée aussi des devoirs non seulement vis-à-vis de l'Annam, mais encore vis-à-vis des tiers eux-mêmes.
Nous avons évidemment le droit d'exiger l'ouverture du
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